Dératisation: +35% en 1 an!

02/06/2023

Dératisation: +35% en 1 an!

Les opérations de dératisation ont bondi de 35% en 1 an

 

Accroupi au milieu du hall de l’immeuble, Cyril guette la moindre trace de passage d’un rat.
Le propriétaire du foyer d’accueil où il se trouve l’a appelé après en avoir aperçu à plusieurs reprises rôder autour du bâtiment.

la source du problème : une décharge à ciel ouvert

“On recherche des traces de déjections le long des murs, d’éventuels trous dans les cloisons, mais je n’ai pas l’impression que les rats ont réussi à entrer dans le bâtiment”, explique le spécialiste. Un rapide coup d’œil à l’extérieur permet d’identifier la source du problème : une décharge à ciel ouvert juste derrière le bâtiment. “On voit des paquets de gâteaux, des canettes… Les rats viennent manger ici, en plus ils profitent des hautes herbes pour se cacher”.

Cyril installe alors deux pièges : des grosses boîtes noires en plastique dur, avec du Difenacoum à l’intérieur, un poison mortel pour les rongeurs.

Interventions de plus en plus fréquentes

Des déplacements comme ça, le dératiseur en fait deux à trois par jour. En France, le nombre de dératisations est en hausse de 35% en 2022 par rapport à l’année précédente, fait savoir la Chambre syndicale de Dératisation Désinfection Désinsectisation qui rassemble 80% des professionnels exerçant en France. L’une des conséquences, inattendue, de la crise Covid et des confinements.

Les parcs étant délaissés, pour trouver de la nourriture, les rats se sont rapprochés des centres-villes et des habitations. “Tout ce qu’ils veulent c’est se nourrir”, précise Cyril. “L’intervention humaine reste nécessaire pour réguler les populations“, ajoute-t-il avant de rappeler que les rats se reproduisent très rapidement. Un couple de rats peut faire quarante-cinq petits chaque année, qui eux-mêmes se reproduisent. En deux ans, on passe d’un couple de rats à 45.000 rongeurs selon les spécialistes.

Un problème de biosécurité

Le risque pour l’Homme réside principalement dans les germes que transporte le rongeur en vivant dans les égouts. “Ce n’est pas tellement la morsure dont il faut avoir peur“, explique Jeanne Brugère-Picoux, vétérinaire et membre de l’Académie Nationale de Médecine. “La leptospirose (une grosse grippe mortelle dans 5% des cas selon l’institut Pasteur), c’est simplement l’urine de rat qui est contaminante. Rien que la peau peut être contaminée très rapidement”, poursuit la médecin.


Des rongeurs plus nombreux et plus proches des villes, et ce n’est peut-être pas terminé.  L’union des entreprises pour la protection des espaces publics s’inquiète d’un projet du gouvernement. Celui d’encadrer davantage la vente de pièges à rats pour les particuliers. 

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