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Dix choses à savoir sur les punaises de lit


Dix choses à savoir sur les punaises de lit

Résistance aux insecticides décuplée, effet Airbnb, 230 millions d’euros de lutte annuelle en France : la recrudescence des punaises de lit racontée en dix points.

 

Plus que jamais, elles sont de retour. Réapparues depuis les années 90, les punaises de lit ont infesté plus d’un foyer sur dix en France ces derniers temps. Leurs morsures et leurs possibles conséquences psychologiques voire psychiatriques mettent en émoi les autorités sanitaires et les municipalités, qui peinent à les endiguer. Plusieurs vidéos qui circulent sur les réseaux les montrent aussi en train de se balader sur les sièges de train, de bus ou de métro. Assez pour convaincre Clément Beaune, le ministre des Transports, de réunir dès la semaine prochaine «les opérateurs de transport, pour informer sur les actions engagées et agir davantage au service des voyageurs». Voici ce qu’il faut savoir sur ces insectes buveurs de sang humain.

Fan de pénombre

Ces «Cimex lectularius», leur nom scientifique, mesurent entre 4 et 7 millimètres, soit la taille d’un pépin de pomme. A jeun, les plus petites peuvent ne pas dépasser 1 millimètre. Elles se cachent le plus souvent dans les recoins sombres et honnissent les lieux humides. Selon le très sérieux site spécialisé punaises-expert.com, près de 35 % des punaises de lit se blottissent dans les sommiers, 23 % dans les chaises et les canapés, 22 % dans les matelas, 13 % dans les têtes de lit et 7 % ailleurs (papiers peints et murs, dressings et armoires, plinthes, vêtements…).

Du sang humain, et rien d’autre

Ces arthropodes sont hématophages, c’est-à-dire qu’ils se nourrissent surtout de sang humain, et principalement la nuit. Ils sont attirés par notre chaleur corporelle et notre rejet de CO2. En un seul repas, qui dure généralement de trois à dix minutes, elles sont capables de consommer jusqu’à sept fois leur poids en sang. On peut recenser jusqu’à 90 piqûres en une nuit. Repue, la punaise retourne se planquer dans l’ombre 4 à 6 jours (15 maximum) pour digérer. Le sang digéré rejeté à la surface prend la forme de petites taches noires. Faute d’humain à grignoter, elles peuvent se mettre en jeûne plusieurs mois.

500 œufs, cinq mues

C’est ce qui explique en partie le fléau actuel. En moyenne, une punaise de lit femelle pond entre 2 et 8 œufs par jour, et entre 200 à 500 œufs dans sa vie. Dans des conditions idéales, entre 21 et 28 °C, elles peuvent donner naissance chaque jour à une quinzaine de larves, dites nymphes. Ces œufs éclosent au bout de 10 à 14 jours. C’est assez long pour avoir le temps de s’en débarrasser, mais assez court pour les voir proliférer si on ne fait rien.

Ces nymphes doivent traverser cinq mues avant d’arriver au stade adulte. Chaque mue nécessite du sang, donc de se nourrir. Une punaise non adulte ne peut pas se reproduire. Sachez aussi que pour copuler, mâles et femelles doivent être imbibés de sang afin que la production de spermatozoïdes ait lieu chez le mâle et que les œufs puissent arriver à maturation chez la femelle. Particularité de la fécondation : l’insémination s’effectue en transperçant l’abdomen de la femelle.

Troubles du sommeil, anxiété : les effets inattendus d’une morsure

Petites bêtes, grands traumas : les lésions cutanées sont les manifestations les plus fréquentes consécutives aux piqûres. Une morsure peut en outre entraîner d’autres conséquences. D’abord physique, la plus courante étant la démangeaison. Comme pour toutes les démangeaisons, il est vivement conseillé de ne pas se gratter. C’est là que la morsure peut s’infecter.

Les répercussions peuvent aussi être psychologiques voire psychiatriques (troubles du sommeil, anxiété, sentiment de panique, stress post-traumatique…). Seule bonne nouvelle : elles ne sont pas vecteurs de maladies.

Comment s’en prémunir ?

Côté prévention, une règle maîtresse : sonder leur présence dans les lieux où l’on s’installe, même pour une courte durée. Quitte à retourner la literie, vérifier les fauteuils, épousseter les plinthes, checker les fissures.

Du reste, que ce soit les experts, l’Anses, les recommandations sont les mêmes : privilégier les méthodes non chimiques, comme le traitement par la chaleur sèche ou la congélation. Par précaution, le ministère de l’Ecologie conseille de ne jamais poser ses bagages sur son lit ou à proximité. Et de laver ses vêtements «à plus de 60 °C ou les placer au sèche-linge au cycle le plus chaud durant au moins 30 minutes ou les congeler (à -20 °C) pendant 72h».

Et si l’infestation persiste, faire appel à des professionnels de la désinsectisation. Les experts sont unanimes : en cas de besoin, il ne faut pas hésiter à se faire aider par un professionnel de santé mentale.

Eradiquées pendant les Trente Glorieuses

Une étude parue en mai 2019 dans Current Biology, reprise dans une enquête de Reporterre, nous apprend que les punaises de lit «sont apparues avant les chauves-souris, et qu’elles ont même connu les dinosaures». Donc qu’elles déambulaient il y a au moins 115 millions d’années.

Disparues de la vie quotidienne des pays développés dans les années 1950, ces insectes ont fait leur grand retour depuis une trentaine d’années dans beaucoup de ces pays à la faveur de modes de vie de plus en plus nomades. Entre 2017 et 2022, 11 % des ménages français auraient été infestés, selon un sondage Ipsos réalisé en juillet dernier pour un groupe de travail mis en place par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

De plus en plus résistantes

C’est l’autre raison de leur propagation. Ces insectes capables de vivre 1 an sans se nourrir et d’hiberner à une température inférieure à 13°, sont des plus coriaces. Pire : elles sont résistantes aux pyréthrinoïdes, du nom de ces insecticides abondamment utilisés pour tenter de les éradiquer. Les punaises développent naturellement des gènes qui, lorsqu’ils s’expriment, rendent le produit peu efficace. Plus elles les expriment, plus elles deviennent résistantes, et ainsi des futures générations. A éviter, donc.

Un effet «EasyJet – AirBnb» ?

Ces voyageuses passives sont des grandes profiteuses de la mondialisation, se glissant souvent dans nos vêtements, dans nos bagages. Elles s’accommodent bien des habitus de la génération EasyJet, s’agrippent facilement aux valises à roulettes qui peuvent charrier tout un tas d’insectes lors de nos voyages incessants d’un continent à l’autre. Ce qui contribue, là encore, à leur essaimage en métropole.

Nos nouveaux modes de vie «ubérisés», participent également à la prolifération des punaises. Il n’y a qu’à jeter un rapide coup d’œil aux témoignages et autres récriminations sur certains sites de locations d’hébergements comme Airbnb, Booking, pour comprendre l’importance du fléau.

Chicago, ville la plus infestée

Les autorités françaises multiplient les alertes et autres mises en garde, mais rassurons-nous : il y a pire ailleurs. Aux Etats-Unis par exemple. Chicago est à ce jour la ville la plus infestée par les «bedbugs». Juste devant New York, repassée deuxième au prix d’une lutte de tous les instants. Les punaises avaient tellement proliféré, au point d’investir les locaux du New York Times et même l’ancien bureau de l’ex-président Bill Clinton. La ville a dû édicter un règlement spécifique à l’attention des propriétaires. Ces derniers sont tenus d’informer leurs futurs locataires de la présence de punaises au cours des douze derniers mois précédant la signature du bail.

Tous égaux face aux punaises

Dans un rapport de près de 300 pages publié cet été, l’Anses livre pour la première fois des données sur l’impact sanitaire mais aussi socio-économique de ces nuisibles. Premier enseignement : contrairement à une idée reçue, la présence de punaises de lit chez soi ne traduit pas un manque de propreté. Tout le monde peut être victime d’une infestation à son domicile. «C’est un phénomène totalement indépendant du milieu social», insiste Karine Fiore, adjointe à la direction des sciences sociales, économiques et sociétales à l’Anses.

En revanche, le niveau de revenu est un facteur de persistance de l’infestation car la lutte peut s’avérer très coûteuse : 866 euros en moyenne par foyer, alloués à diverses mesures de lutte, au premier rang desquelles des mesures de nettoyage et des traitements.

Une lutte onéreuse

En millions d’euros, ça fait 230, le coût annuel moyen de la lutte à l’échelle nationale pour les seuls ménages français. Il a atteint 1,4 milliard d’euros pour la période 2017-2022, selon l’Anses à l’origine du calcul. L’Agence plaide pour la mise en place d’un mécanisme de déclaration obligatoire et l’accompagnement des particuliers par une prise en charge financière, a fortiori pour les ménages à faibles ressources. Pour les bailleurs sociaux, interrogés dans le cadre du rapport, le coût s’élevait en moyenne à 74 500 euros en 2021. Les logements étudiants (Cnous et Crous) ont, eux, estimé avoir consacré 700 000 euros à cette lutte la même année.

Quant au coût sanitaire, en 2019 il a représenté 83 millions d’euros pour les Français, dont 79 millions d’euros associés à une baisse de la qualité de vie, aux troubles du sommeil et aux impacts sur la santé mentale, un million d’euros lié aux arrêts de travail et 3 millions d’euros environ au titre des soins physiques.

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